UNE DATE IMPORTANTE Imprimer Envoyer
Écrit par Jean-François Pré   
Jeudi, 10 Septembre 2009 16:26

Affaire Dominici contre le Cheval Français :

Pour les turfistes, qui sont régulièrement floués par le comportement féodal des Sociétés de Courses, le 24 septembre sera une date importante. C'est le jour du procès en appel intenté par José Dominici contre le Cheval Français. Avant de rappeler les faits, il faut préciser que si le plaignant a perdu en première instance, c'est parce que les Sociétés de Courses sont, au regard de certains juges, un état dans l'état où personne n'ose fourrer son nez. Le fait du prince y est régulièrement pratiqué dans une totale autarcie juridique.

En faisant valoir ses droits et en voulant récupérer son dû, Dominici donne un coup de pied dans une énorme fourmilière. Il a malheureusement beaucoup plus de chances de se faire mal au pied que de détruire cet édifice féodal... mais il faut saluer le courage et l'opiniâtreté de cet homme, qui a décidé de ne pas renoncer (dût-il y laisser toutes ses économies) et espérer que le juge de la Cour d'Appel fera preuve d'un courage égal.

LES FAITS : Le 20 janvier 2005, à mi-parcours du Prix de Bernay (quinté du jour à Vincennes), le cheval L'AMI D'UN SOIR éxécute plus de 15 foulées de galop. Le règlement est clair sur ce point : au-delà de 15 foulées de galop, tout cheval est automatiquement disqualifié. D'ailleurs, son driver, Jean-Michel Bazire, qui connaît le règlement, se retire de lui-même de la course. Mais L'AMI D'UN SOIR a échappé à la sanction ; il se classe 2ème et, à la surprise générale, l'arrivée est validée par les commissaires. José Dominici, qui a joué tous les autres chevaux de l'arrivée (quinté et quarté), estime subir un préjudice et se porte partie civile contre la société organisatrice des courses de ce jour : le Cheval Français.

POURQUOI DOMINICI A-T-IL ETE DEBOUTE EN PREMIERE INSTANCE ? Parce que la cour n'a pas voulu se donner la peine d'aller au-delà de la juridiction interne des sociétés de courses, avec des commissaires omnipotents dont le jugement est roi. Tout simplement ! Le Cheval Français a reconnu la faute de ses commissaires, mais le jugement a été rendu et son caractère inique a été déclaré inéluctable. Selon le Cheval Français, il s'agit d'une erreur d'arbitrage, comme cela peut arriver dans tout sport.

POURQUOI DOMINICI A-T-IL UNE CHANCE DE GAGNER CETTE FOIS ? Parce que, précisément, il ne s'agit pas d'une erreur d'arbitrage puisque l'interprétation humaine n'avait pas à intervenir. Au delà des 15 foulées de galop, la disqualification est une APPLICATION MECANIQUE. La faute et le préjudice qui s'ensuit sont donc faciles à démontrer. Il existe des jurisprudences dans le monde du sport et, en l'occurrence, l'affaire est encore plus grave puisque le sport hippique est support de jeux d'argent ! Maître Talamoni, l'avocat de José Dominici, entend donc démontrer qu'il y a eu VIOLATION DU REGLEMENT - ce que le Cheval Français ne nie d'ailleurs pas - et que, dès lors, cette violation mérite réparation auprès des personnes qui ont été lésées.  

CONCLUSION : Si nous sommes vraiment dans un état de droit où n'existe aucune niche juridique, Dominici doit être indemnisé. Aucune autorité, qui se prévaut d'équité, ne peut prétendre le contraire !