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Écrit par Jean-François Pré   
Mardi, 08 Avril 2008 08:48

Comment parier ?  
Les formes de jeu sont multiples et c’est leur diversité qui rend le pari sur les courses à la fois complexe et passionnant. Lorsque je m’adresse à un novice qui me questionne sur la façon de jouer aux courses, je n’hésite pas à lui dire qu’il est beaucoup plus facile de trouver le bon cheval que de le jouer. Vous allez aisément comprendre pourquoi, à travers le panel des jeux proposés par le PMU. 

1) Le jeu simple : Comme son nom l’indique, c’est le moins compliqué. C’est le pari à l’état pur, le pari historique, initié puis codifié par les Anglais à la naissance du sport hippique qui remonte à Charles II (18ème siècle), même si le pari sur les courses est beaucoup plus ancien, avec notamment des traces dans l’antiquité. Le jeu simple, c’est aussi le pari le plus rentable puisque le joueur récupère 85% de sa mise, alors que dans les autres formes de jeu, on lui en reverse généreusement un peu plus de 70% ! Le jeu simple, c’est donc un pari sur un seul cheval : gagnant (il faut que le cheval passe la ligne d’arrivée devant les autres), placé (il faut qu’il finisse dans les trois premiers) ou « à cheval » (les deux combinés). Le gain du ticket gagnant se calcule par rapport à la cote du cheval. Le pari gagnant rapporte évidemment plus que le pari placé, grosso modo de trois à quatre fois inférieur, cela dépend des mises.

2) Qu’est-ce que la cote ? C’est le nombre de fois qu’on vous paye votre mise (celle-ci étant ajoutée au gain), si votre cheval gagne. Exemple : vous avez joué 10 euro sur un cheval à 7/1… vous empochez donc 80 euro. La cote résulte de la masse globale d’enjeux gagnants, ponctionnée des prélèvements légaux et divisée par le nombre de gagnants.

3) Le report : Faire un report signifie reporter un pari simple dans une course sur un autre (ou plusieurs) dans une (ou plusieurs) course suivante. Vous pouvez indifféremment faire un report gagnant (cheval gagnant sur cheval gagnant), placé (cheval placé sur cheval placé) ou placé-gagnant. Les gains se multiplient et ça peut rapporter gros… mais c’est très difficile !

4) Le couplé : C’est avoir deux chevaux dans les trois premiers. Les deux premiers (couplé gagnant), soit le deuxième et le troisième ou le premier et le troisième (couplés placés). Notons qu’on peut aussi jouer les deux premiers en couplé placé. Evidemment, le couplé gagnant rapporte plus que le couplé placé, comme au jeu simple.

5) Le couplé ordre : C’est avoir les deux premiers dans l’ordre exact d’arrivée (courses de 12 partants ou moins)

6) Le trio : C’est avoir les trois premiers d’une course, dans n’importe quel ordre.

7) Le trio ordre : C’est avoir les trois premiers d’une course, dans l’ordre exact d’arrivée (courses de 12 partants ou moins).

8) Le trio international : C’est avoir les trois premiers, dans l’ordre exact d’arrivée, d’une grande course internationale, en masse de paris commune avec le pays organisateur.

9) Le tiercé : Jeu historique créé en février 1953, à l’origine de la popularité des courses de chevaux. Il faut trouver les trois premiers, soit dans l’ordre soit dans le désordre dont les rapports sont, grosso modo, cinq fois inférieurs.

10) Le Classic tiercé : Même règles que le tiercé mais différent support. Le Classic tiercé est engagé dans les courses dites « classiques », c’est à dire réservées à des chevaux de catégorie supérieure.

11) Le Multi : C’est le jeu le plus original de la panoplie. Le but consiste à trouver les quatre premiers d’une course (sans ordre) mais le rapport mise-rétribution est inverse à celui des autres jeux de combinaisons. Pour ces derniers, plus vous jouez de chevaux (afin d’augmenter vos chances), plus cela vous coûte cher. Au multi, la mise est unique (3 euro). En revanche, plus vous jouez de chevaux, moins vous touchez. Selon que vous ayez désigné 4 chevaux ou 7 pour trouver les quatre premiers, la différence de rapport peut être de 30 à 40 fois inférieure.

12) Le quarté plus : Il faut trouver les quatre premiers, soit dans l’ordre soit dans le désordre. Vous bénéficiez d’un rapport de consolation si vous avez les trois premiers.

13) Le quinté plus : Il faut trouver les cinq premiers, dans l’ordre ou dans le désordre. Il existe plusieurs rapports de consolation : le bonus 3 (trois premiers), le bonus 4 (quatre premiers) et le bonus 4/5 (quatre chevaux dans les cinq premiers). En outre, le quinté est assorti d’une tirelire qui « pompe » 2% des mises mais peut rapporter jusqu’à dix millions (plafond) à ses heureux (très heureux) bénéficiaires. Pour toucher (ou se partager) le ou les millions de la tirelire, il faut avoir le quinté dans l’ordre et, sur son ticket, le numéro plus (une chance sur 3000). Si vous avez ce numéro plus et le quinté dans le désordre ou un des bonus, votre rapport est décuplé. Créé en 1989, le quinté plus a longtemps été le pari leader du PMU. Il est aujourd’hui largement dépassé par les jeux simples.

14) Le Tic 3 : Sur un seul ticket, avec les mêmes chevaux, vous jouez à la fois au tiercé, au quarté et au quinté.

15) Le 2/4 : C’est un jeu de petits épargnants. Comme son nom l’indique, il faut avoir deux chevaux parmi les quatre premiers. Petits rapports mais gains fréquents.

16) Le Quadrio : Dernier né de la « famille », il connaît une installation difficile. Et pour cause, le quadrio bat en brèche les habitudes ludiques des turfistes français qui parient généralement le plus grand nombre de chevaux possibles sur une seule et même course. Là, il s’agit de trouver les deux premiers de deux courses différentes : celle du quinté d’abord, puis la suivante. Le Quadrio propose trois catégories de rapports : les quatre (2+2) dans l’ordre, les quatre dans le désordre, puis une consolation si l’on en a trois sur quatre.

17) Le spOt : Celui-là, il fait bande à part. Avec la tirelire, il symbolise l’intrusion du hasard – illégitime pour les puristes – dans un jeu basé sur la réflexion. En pariant spOt (cela s’applique à tous les paris de la panoplie), vous pouvez soit confier l’intégralité de vos intérêts à la désignation aléatoire de l’ordinateur, soit une partie seulement en choisissant vous-même un ou plusieurs chevaux de votre sélection, puis en laissant le hasard se charger des autres. 

18) La tirelire : L'autre version iconoclaste des paris hippiques : vous avez le quinté dans l'ordre et le numéro plus (une chance sur 3000) et c'est le jackpot ! Certes, pour décrocher la fameuse tirelire (un million minimum, plafonnée à dix...), il faut avoir le quinté dans l'ordre (ce n'est pas rien !), mais dans les arrivées de favoris où les gagnants sont légion, vous recensez 99 parieurs qui ont trouvé la bonne solution et qui touchent peanuts, tandis que le centième, parce qu'il a le numéro plus sur son ticket, empochera un ou plusieurs millions. Vous avez dit injustice ?... Je dirai plutôt frustration des petits gagnants qui, voyant la mine hilare de celui qui chante sous une pluie de millions (alors qu'il ne s'est pas montré plus perspicace), n'auront certainement plus envie de remettre la main à la poche. C'est, à notre sens, une grave erreur psychologique du PMU. Nota bene : Le numéro plus a aussi pour effet de décupler vos gains si, n'ayant pas le quinté dans l'ordre, vous touchez quand même le désordre ou un bonus. 

19) Le flexi : On peut jouer au quinté à moitié prix, ce qui "allège" singulièrement le prix des combinaisons élargies (exemple : les 112 € d'un ticket de 8 chevaux deviennent 56 € ; c'est nettement plus abordable). Evidemment, on touche moitié moins... le PMU n'est pas une société altruiste !

Où parier ?

1) Dans un des 10.000 points de vente du PMU, répartis sur le territoire français (métropole et outre-mer). On peut y jouer à tous les jeux sur toutes les courses (y compris les étrangères) pour peu qu’elles soient support de prises d’enjeux nationales.

2) Sur les hippodromes, évidemment. Il en existe 249 en France (soit autant que dans toute la Communauté européenne) dont une cinquantaine seulement ont la capacité d’organiser des courses supports d’enjeux nationaux. Les autres ont plus une vocation locale et il n’existe pas de prises de paris en dehors de leurs structures. Sur les hippodromes dits « nationaux », en revanche, on peut aussi bien parier sur les courses qui s’y déroulent que sur celles – en simultané – qui se courent sur un autre champ de courses, initiateur de prises de paris nationales. On peut aussi y engager ponctuellement des paris sur les grandes courses internationales, soit en masse commune avec le pays organisateur (votre argent est mélangé à celui des parieurs indigènes et les rapports sont calculés à partir de cette masse commune), soit en masse séparée (les paris français sont comptabilisés à part et leur répartition s’effectue comme s’il s’agissait d’enjeux nationaux), soit les deux à la fois, en fonction du pari.

3) Par Internet ou par téléphone (mise minimum : 10 euro), à condition d’ouvrir un compte (voir le site Internet du PMU : pmu.fr). Notez que, lors du premier semestre 2010, le PMU va perdre son monopole dans l'enregistrement des paris en ligne. Dès que la loi aura été votée et mise en application, vous pourrez toujours parier sur le site du PMU bien entendu, mais également sur ZETURF, BETCLICK, UNIBET et quelques autres, qui existent déjà mais qui ne sont pas encore dans la légalité.

Combien ça coûte ?       

Nous n’indiquons que les mises unitaires, étant entendu que celle-ci peut être multipliée par le parieur, en fonction de son budget.1)   Le jeu simple : 1,5 euro dans les points de vente PMU et 2 euro au PMH (Pari Mutuel Hippodrome). La mise minimum est toujours de 2 euro sur les hippodromes ; cela vaut pour les autres paris consignés ci-dessous. 2)   Le jumelé : 1,5 euro.3)   Le report : 1,5 euro.4)   Le trio : 1,5 euro.5)   Le tiercé et le classic tiercé : 1 euro.6)   Le quarté + : 1,3 euro.7)   Le quinté + : 2 euro.8)   Le tic 3 : 4,3 euro.9)   Le 2/4 : 3 euro.10)     Le Multi : 3 euro.11)     Le quadrio : 1,5 euro.

Le prix des combinaisons.

Au quinté, les prix montent très vite. La formule unitaire à 5 chevaux ne coûte que 2 €, mais ensuite il vous faut débourser 12 € pour six chevaux, 42 pour sept, 112 pour huit, 252 pour neuf, 504 pour dix, 924 pour onze... est-il utile d'aller au-delà ? C'est la raison pour laquelle les journaux qui se vantent de donner un quinté en sept ou huit chevaux ne font certes pas de publicité mensongère mais plutôt une publicité totalement irréaliste. Qui peut se permettre d'investir 42 ou 112 € chaque jour sur la bonne mine d'un pronostiqueur ?

Champs complets ou champs réduits.

Le champ complet consiste à prendre un, deux, trois ou quatre chevaux de base (selon le jeu choisi) et à l'associer à tous les autres. Le champ réduit, c'est la même chose, mais on sélectionne les chevaux associés. Bien entendu, les chevaux de base doivent impérativement figurer dans les cinq premiers. Dans un cas comme dans l'autre, moins les chevaux de base sont nombreux, plus la formule est onéreuse. Exemple : si vous souhaitez jouer un quinté avec seulement deux chevaux de base et huit chevaux associés, il vous en coûtera... 672 € ! Soyez donc prudents et vérifiez toujours le prix des combinaisons auprès du PMU... on se laisse vite embarquer !


Les chiffres clé.

6,5 millions de parieurs. 67.000 emplois directs dans la filière hippique et 120.000 emplois indirects. 249 hippodromes en France, soit plus que dans toute l'Europe réunie. 17.492 courses. 29.000 chevaux (trot, plat, obstacle) à l'entraînement. 9,5 milliards d'euro d'enjeux sur les courses françaises (25 milliards au Japon, pays leader).

Les pays où l'on joue le plus (en €) :

1) Le Japon : 24,7 milliards.

2) La Grande Bretagne : 11 milliards.

3) Les Etats Unis : 9,8 milliards

4) La France : 9,46 milliards.

5) L'Australie : 6,23 milliards.

6) Hong Kong : 6,12 milliards.

7) La Corée du sud : 4 milliards.

8) L'Irlande : 3,9 milliards.

9) : L'Italie : 2,27 milliards.

10) La Suède : 1,09 milliard.

11) Singapour : 1,05 milliard.

12) Le Canada : 1,01 milliard.

13) La Turquie : 0,98 milliard.

14) L'Afrique du sud : 0,7 milliard.

15) La Norvège : 0,4 milliard.

16) Le Maroc : 0,33 milliard.

17) La Grèce : 0,30 milliard.

18) Macao : 0,29 milliard.

19) L'Inde : 0,26 milliard.

20) La Malaisie : 0,25 milliard.

21) La Nouvelle Zélande : 0,20 milliard.

22) Le Vénézuela : 0,14 milliard.

23) L'Argentine : 0,14 milliard.

24) : L'Allemagne : 0,12 milliard.

25) Chypre : 0,117 milliard.

26) L'Ile Maurice : 0,106 milliard.